1. PuceSaint Gilles et sa biche

  2. PuceLa population au cours des siècles

  3. PuceAu 16ème siècle, le seigneur de Saint Gilles

  4. PuceHenri IV à Saint Gilles

  5. PuceLe village du Pays de Caux

 
 

Selon les traditions, c’est vers le milieu du VIIe siècle, à Athènes, que naquit saint Gilles. Très vite, il s’illustra par des miracles mais fuit sa renommée et aborda en Provence. Il se rend d’abord à Rome, avant de se retirer dans une forêt non loin de Nîmes, dans le Gard.


Il sera chaleureusement accueilli à Arles, puis au bord du Gardon par saint Vérédème avant de se retirer en ermite dans la Vallée Flavienne.


Au cours d’une partie de chasse, poursuivie par la meute royale, une biche vint se réfugier auprès du solitaire. Le Roi découvrit saint Gilles blessé par la flèche d’un chasseur. Emu, il lui offrit la Valée Flavienne pour y bâtir un monastère, qui connut plus tard un très grand rayonnement.


Cette légende est liée à la fondation de l’abbaye de Saint-Gilles (Gard), lieu de pèlerinage important sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins s’y arrêtaient et chantaient les louanges de saint Gilles à leur retour dans leur pays.


 

Saint Gilles et sa biche

Saint Gilles, de l’ancien doyenné de Fauville, comptait au XIIIème siècle 50 paroissiens ... En 1738, il y avait 60 feux (foyers), aujourd’hui (1852) c’est une succursale de 500 habitants.


source : Les églises de l’arrondissement d’Yvetot, Abbé Cochet, 1852




1866 : Les tableaux du recensement donnaient par hameau :


  1. L’Eglise : 103,   Maison Blanche : 57,   Côte du Beau Soleil : 51,   Haut Hôtel : 51,   Côte Cable : 35,   Le Désert : 35,

  2. Côte Tocque : 24,   Val de Card : 19,   La Picotière (château) : 17,    Coq-Soit : 12,   La Viézaire (château) : 6


365 habitants résidaient à Saint Gilles d’après le recensement de 1872


source : Géographie de la Seine-Inférieure, Abbés J Bunel, A Tougard, 1876




Évolution démographique (Source : Wikipedia d’après INSEE)



 

La population du XIIIème au XXIème siècle

L’édifice verra mourir l’ermite le 1er septembre 720 ou 721.

Au Moyen Age, le culte de Saint Gilles était très important, non seulement en Provence mais dans la plupart des pays de la chrétienté. Il était surtout vénéré comme saint auquel on se confessait le plus volontiers, puisqu’il assurait l’absolution.


(source : Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_l’Ermite)

Au XVIème siècle, le seigneur de Saint Gilles

La terre de Crétot est une ancienne baronnie.


Au XVIème siècle, le seigneur de Saint Gilles était « franc bouteiller hérédital de Normandie. Il est tenu, quand le roi fait son entrée dans la ville de Rouen, de servir à boire à sa majesté, une fois seulement pendant son règne. A cause de ce service, il a le droit de prendre pour lui la coupe où le roi a bu. »


"Il y eut autrefois à Saint Gilles les seigneuries de la Bouteillerie, de la Picotière et de la Viézaire ; les châteaux des deux dernières sont encore debout. Au manoir de la Viézaire, chapelle domestique aujourd’hui abandonnée."


(Abbés J Bunel, A Tougard, 1876)




source : Géoportail http://www.geoportail.fr/

 

Henri IV à Saint Gilles

Le village du Pays de Caux

Sur les traces de Henri IV en Pays de Caux … à Saint Gilles de Crétot …


Monsieur Gérard Furon, membre correspondant de la commission départementale des antiquités de Seine Maritime et domicilié au Manoir de la Picotière à Saint Gilles de Crétot, a écrit un livre retraçant les campagnes militaires de Henri IV en Haute Normandie en 1592, ou la victoire inutile.


Cet épisode évoque la fin des campagnes militaires et montre le roi légitime Henri IV dans la conquête de son royaume.

Deux années de recherche, d’études de documents, de lectures furent nécessaires à Monsieur Furon pour réaliser cet ouvrage littéraire qui, par sa clarté et la précision des détails historiques, nous permet de suivre presque jour après jour le déroulement des événements.


Parmi les nombreuses lettres formant la correspondance du roi lors de son passage en Pays de Caux, il en est une qui, rédigée le 16 mai 1592, fait témoignage de son séjour au fief de Clasville, ancien nom du domaine de la Picotière, où il avait établi son camp.


Voici le texte de cette lettre et l’évocation du bref séjour historique du bon roi Henri à Saint Gilles de Crétot.

« A Mon Cousin le Duc de Nivernois Pair de France, Gouverneur et mon Lieuctenant général de Champagne et Brie


« Mon Cousin, Vous aurès veu par les discours que je vous ay envoyé les progrès que j’avois faicts sur l’armée de mes ennemys jusqu’au dixiesme de ce mois. Depuis, les ducs de Mayenne et de Parme, avec ce qui restoit de leur dicte armée, ont passé la rivière à la faveur de Caudebec, lequel j’ay reprins ; et m’en vais en diligence avec mon armée passer la rivière pour poursuivre mes ennemys, ayant résolu de ne les abandonner que je ne les aye combatus ; ce que je n’ay peu faire jusques icy, pour s’estre toujours tenus dans leur camp retranché, jusqu’à ce qu’ils ont passé la dicte rivière. J’espère que bien tot vous en entendrès un heureux succès. Ce pendant je prie Dieu qu’il vous ayt, mon Cousin, en sa saincte et digne garde. Du camp de Clavy, le XVIème jour de may 1592. Henry Potier »

Ces lettres indiquent la présence la présence du roi et de son secrétariat au « Camp de Caudebec » la 15 mai, ce qui confirme le séjour de Henri IV dans la région et au « Camp de Clavy » le 17 mai. Plusieurs lieux dits ou paroisses possèdent un patronyme proche de « Clavy » dans le département. L’abbé Sommenil situe ce camp à Clasville, commune voisine de Cany-Barville, à 35 kilomètres de Caudebec. Le fait qu’il s’agisse d’un camp militaire et que l’armée du roi se reposait entre Yvetot et Caudebec nous a incité à chercher un lieu plus proche.


Nous croyons pouvoir avancer que ce camp était situé sur la commune de Saint Gilles de Crétot, en bordure de la forêt de Maulévrier, à la Picotière. En effet, à cette époque, le fief de la Picotière s’intitulait « Claville dit la Picottière », nom qu’il garda jusqu’au XVIIIème siécle.


Cet emplacement, à moins d’une demi-heure de Caudebec à cheval, est situé sur un éperon qui domine une vallée sèche descendant vers Sainte Gertrude puis Caudebec, il aurait permis au roi, à ses secrétaires et à son état-major de se reposer car les bâtiments de ce château légèrement à l’écart du théâtre des opérations militaires pouvaient servir de refuge.


Le roi resta quelques jours sur place puis repartit vers Mantes d’où il écrivit le 1er juin une lettre au seigneur d’Aubigné. (Recueil des lettres missives de Henri IV par J. Guadet)


Documents reproduits avec l’aimable autorisation de l’auteur.


Saint-Gilles Info n° 6 – 1992

Le suffixe « tot » que l’on retrouve dans Crétot est d’origine scandinave. Il désigne une pièce de terre comportant une habitation. Ce qui correspond encore à l’actuelle organisation de l’espace du pays de Caux. Les différents hameaux, formés de trois ou quatre clos-masure, sont disséminés sur le plateau. Un mur végétal de hêtres ou de chênes dissimulent les exploitations. Toutefois, à travers les « fenêtres » que créent les branches coupées à hauteur d’homme, on entrevoit la maison de maître à colombages, ou de briques roses, longue et basse, et les bâtiments qui l’encadrent : la bergerie, la charreterie, le grenier, qui rappellent que le Pays de Caux fut d’abord un grand plateau céréalier, et l’étable dont l’importance témoigne du développement de l’élevage bovin.


Les paysans aisés emploient plutôt la brique moins sensibles aux incendies et, plus confortable ; le bois et l’argile, en se rétractant, laissent passer le vent qui bat le plateau à la mauvaise saison. Quelques fermes ont gardé leur manège, c’est un bâtiment rond à toit de chaume ou d’ardoises soutenu par des poteaux en bois. Grâce à un rouage composé d’un axe central et de plusieurs pignons, deux chevaux attelés à des perches font tourner la machine à moudre le grain.

La moisson donne toujours lieu à une fête. A Saint Gilles, un couple travaille encore la paille pour orner l’église. Les sujets sont inspirés des instruments agricoles, faux, faucille, râteau, et des ornements religieux, bannières, bougeoir, couronnes. Chaque cultivateur réservait quelques gerbes pour la fabrication des objets rituels. Le blé cueilli vert à la mi-juillet garde sa souplesse. Toute la famille le façonnait le soir à la veillée.


Saint-Gilles Info n° 13 – 1997